> Potentialités de développement

  1. Secteur agricole et transformation agroalimentaire
    2. Secteur touristique
    3. Secteur de commerce, transport et artisanat
    4. Secteur de la santé et de la promotion sociale
    5. Secteur de l’éducation
    6. Secteur des sports et loisirs

1. Secteur agricole et transformation agroalimentaire

1.1 Activités agricoles

La présentation des activités agricoles abordera les points suivants : le foncier, les systèmes de production, les performances des systèmes de production et l’impact des systèmes de production sur les ressources.

1.1.1 Foncier

- Dans la Commune, on distingue quatre types de mode d’accès : l’héritage, l’achat, le prêt et le métayage.

- Pour le mode de faire valoir, 70% des terres sont utilisés à des fins agricoles. La culture extensive est pratiquée sur ces terres. Ce qui corrobore bien les résultats de faible pression sur la terre obtenus dans présentation générale de la Commune.

- A Covè, il existe des problèmes fonciers inter arrondissements et inter communaux (Covè – Zagnanado et Covè – Zogbodomè) qui réduisent quelque peu les superficies cultivables des agriculteurs.

- Il faut noter également que la superficie cultivable est aussi sérieusement réduite par la faible profondeur des sols ferrugineux sur sol cristallin, et l’abondance des bas-fonds non aménagés et non exploités (voit carte). La terre de base est très lessivée et ne supporte par une pratique culturale intensive et continue sans apport minéral et organique.

- Il fat enfin noter que les agriculteurs autochtones sont moins spécialisés que les 'Holli', un groupe ethnique très spécialisé dans l'exploitation des terres dites lourdes, venus du 'plateau'.

- En ce qui concerne le sable blanc, ces terres ne peuvent servir dans l'agriculture, mais constituent des réserves de carrière de sable pour la construction des maisons.

1.1.2 Les systèmes de production

Les techniques culturales utilisées sont manuelles. On peut distinguer plusieurs systèmes de cultures:

  • à arachide-sorgho sur terres de barre épuisées, souvent sous palmiers;
  • à coton-maïs sur crétacé;
  • à palmiers et agrumes sur bas de pente;
  • à riz sur bas-fonds aménagés;
  • à maraîchers sur bas fonds non aménagés.

La jachère et la faible utilisation d’intrants agricoles (engrais, insecticides, pesticides, etc.) assurent la fertilité des sols et la productivité.

En général, les paysans associent faiblement l’élevage à l’agriculture ou que la conduite de l’élevage n’est plus appropriée à la pression foncière actuelle (divagation des animaux).

A part le marché local de Covè, les produits agricoles sont vendus dans les communes limitrophes, ou sur les marchés régionaux ou nationaux de Bohicon, Cotonou, de l’Ouémé et des Plateaux, des Collines et du Nord Bénin.

Pour le capital financier, les paysans individuels utilisent leurs fonds propres alors que les producteurs en groupement de producteurs utilisent à la fois les fonds propres et les crédits. Seuls les producteurs de coton et de riz du périmètre aménagé de Koussin Lélé ont accès au crédit sur vivrier. Quelques rares producteurs ont bénéficié de crédit à l'investissement, crédit japonnais, crédit CLCAM, etc. Quant au capital humain, on distingue la main d’œuvre familiale dans la large majorité des cas, l’entraide et la main d’œuvre salariée de façon subsidiaire.

Les agents du CeRPA et de l’union communale des producteurs (UCP) apportent un appui technique aux agriculteurs.

1.1.3 Performance des systèmes de production

En général, on observe la tendance à la baisse de tous les rendements sauf celui du riz qui enregistre une progression spectaculaire, soit environ 180% en cinq ans (voir tableau). La baisse de rendements a été provoquée par la pression sur les ressources du plateau, le relâchement du suivi technique des producteurs, le manque de moyens, etc.

Campagnes

1998-1999 1999-2000 2000-2001 2001-2002 2002-2003
Cultures
Maïs local 700 750 688 650 607
Maïs amélioré 1075 1050 984 852 852
Riz 4000 4500 4562 6000 6000
Manioc 7000 6200 6249 5268 5503
Taro 2000 2100 2467 1909 2000
Patates douces 2000 2400 2286 2000 2000
Niébé 700 600 566 497 497
Césame 500 550 571 571 500
Tomates 3300 3500 3574 3574 2891
Piments 600 600 604 619 500
Gombo 1800 2000 2035 2095 1738
Arachide locale 700 700 727 728 645
Arachide améliorée 950 925 970 970 811
Coton 1200 900 781 781 894
Tableau : Evolution des rendements de quelques principales cultures au cours des cinq dernières campagnes à Covè (Source : PADeCom - Zou, 2003)

Les systèmes de production ont actuellement des impacts négatifs sur les ressources liés à l’appauvrissement des sols et à l'érosion.

1.1.4 Les acteurs du secteur Agriculture

Quatre catégories d’acteurs animent ce secteur : les producteurs, les transformatrices, les commerçants et les techniciens agricoles du CeRPA et ONG ou projets. Les intérêts, les contraintes/problèmes et les opportunités de ces acteurs figurent dans le tableau ci-après.

Acteurs

Intérêts

Contraintes/Problèmes

Opportunités

Producteurs (cultivateurs, artisans, ouvri ers, élèves, écoliers et même foncti-onnaires qui font principa-lement ou secondaire-ment l’agriculture)

- Auto-consomma-tion
- revenus
- plantation des arbres

- Insuffisance de débouchés pour l’écoulement des produits agricoles
- Prix défavorables des produits
- Coexistence difficile entre producteurs agricoles et transhumants
- Manque d’équipements performants
- Insuffisance de moyens financiers
- Coûts de la main d’œuvre
- Difficulté à exploiter les bas-fonds
- Insuffisance de palmiers sélectionnés
- Insuffisance d’appui technique spécialisé
- Manque d’intrants pour les filières autres que le coton
- Manque d’organisation de filières autres que le coton
- Appauvrissement des sols
- Litige domanial et foncier avec Zagnanado
- Enclavement des champs
- Difficulté d’accès au crédit

-disponibilité en terres, bois, animaux de traction, forêts sacrées/ protégées, arbres fruitiers
- Bonne image de marque du SODABI
- Voie de transport ABOK
- Assistance chinoise dans les bas-fonds aménagés

Transforma-trices

-Ecoule-ment des produits dérivés
- Revenu
- Auto-consomma-tion

-Manque d’ateliers de transformation
-Insuffisance d’équipements performants, de main d’œuvre, de moyen financier
- Difficulté d’écoulement des produits dérivés
- Initiatives collectives ne marchent pas chez les transformatrices
- Pas d’émergence de PME dans la production d’huile
- Difficulté d’accès au crédit
- Concurrence de produits alternatifs bas de gamme

-Disponibilité de matière première (arachide, manioc,palmier à huile, maïs)
-Forte maîtrise des techniques de transformation
-Label agonlinmin
- Voie de transport ABOK

Commerçants

- Bénéfice
- Revenu

- Vente à crédit
- Insuffisance de débouchés
- Capital trop faible
- Difficulté d’accès
- Transport un peu cher
- Dégradation des pistes / voies (risque d’accident)
- Taxes sur produits vivriers et dérivés
- Insuffisance de magasin de stockage
- Cas de vol

- Disponibilité des produits agricoles et dérivés
- Existence de marchés locaux et hors commune
- Voie ABOK

Techniciens agricoles

Satisfaction morale

- Réticence de certains producteurs à adopter les techniques culturales vulgarisées
- Insuffisance d’agents de vulgarisation et de matériels techniques de travail

La réforme du CARDER/ CeRPA constitue un atout pour les techniciens

Tableau : Intérêts, contraintes/problèmes et opportunités des acteurs de l’agriculture (Source : Enquête PDC 2004)

Les problèmes qui entravent la production en quantité et en qualité sont ci-dessus cités. Ils ont noms le manque de débouchés pour les produits agricoles, les prix défavorables des produits, l'insuffisance d’appui technique spécialisé, les difficultés à exploiter les bas-fonds, la coexistence difficile entre producteurs agricoles et transhumants, le manque d’équipements performants, l'insuffisance de moyens financiers, le manque d’intrants pour les filières autres que le coton, l'appauvrissement des sols, l'enclavement des champs, les difficultés d’accès au crédit, etc. Cependant, des opportunités subsistent pour une amélioration de la production agricole. Elles sont ici envisagées à travers une meilleure gestion de la disponibilité en terres, bois, animaux de traction, forêts sacrées/ protégées, arbres fruitiers, palmeraies. A cela devra-t-on ajouter l'assistance chinoise pour l'aménagement des bas-fonds. A ce niveau, l'antagonisme entre les agriculteurs et les éleveurs pastoraux devra inspirer l'aménagement pour une gestion partagée et durable des ressources des bas-fonds. Enfin, la voie ABOK ouvre de nouvelles perspectives de débouchés pour les produits agricoles locaux.

Les problèmes qui entravent l'écoulement des produits de transformation sont aussi nombreux. Il s'agit du manque d’ateliers de transformation, l'insuffisance d’équipements performants, du manque de main d’œuvre, du manque de moyens financiers, des difficultés d’écoulement des produits dérivés, des difficultés d'accès au crédit, du manque d'initiatives collectives chez les transformatrices, l'absence de PME dans la production d’huile, la concurrence de produits alternatifs bas de gamme, etc. Malgré cette liste de problèmes réels, l'avenir de la transformation peut être envisagé avec espoir. La disponibilité de matières premières (arachide, manioc, palmier à huile, maïs), la forte maîtrise des techniques de transformation par les femmes, le label agonlinmi, la voie de transport ABOK, etc. sont autant de facteurs d'espoir pour la filière de la transformation.

Les problèmes qui entravent les activités commerciales sont tout autant importants pour la production en quantité et en qualité et pour la transformation. Il s'agit de l'insuffisance de débouchés, du manque de moyens financiers, des difficultés d’accès au crédit, le coût du transport, la dégradation des pistes/ voies (risque d’accident), la vente à crédit, l'insuffisance de magasin de stockage, cas de vol, etc. De meilleures perspectives pourraient, cependant, être envisagées si les activités commerciales étaient orientées vers l'exportation des produits locaux et l'importation des intrants et technologies d'appui aux filières de production locales. Par ailleurs, la disponibilité des produits agricoles et dérivés de transformation, l'existence de marchés locaux et hors commune et la nouvelle voie ABOK faciliteraient les activités d'échanges et de commerce.

Les problèmes qui entament la détermination des techniciens du CARDER/CeRPA à participer effectivement au relèvement de la performance des filières de production et de transformation sont de deux ordres: la réticence de certains producteurs à adopter les techniques culturales vulgarisées et l'insuffisance d’agents de vulgarisation et de matériels techniques de travail. La réforme du CARDER/ CeRPA en cours constitue un atout important pour renverser la mauvaise tendance ainsi constatée.

1.1.4 Organisations locales des producteurs

L’Union Communale des Producteurs (UCP) et les Groupements de Femmes (GF) transformatrices sont les organisations locales du secteur. L’UCP de Covè est composée de 15 GV et d’un GF (Tchégbéhounton). En dehors du groupement féminin 'Tchégbéhounton', il existe d’autres GF qui ne se sont pas membres de l’UCP et qui sont financés par l’ONG ‘Dignité Féminine’ et le Centre de Promotion Sociale (CPS). Le tableau 23 suivant contient le nombre de GF par arrondissement.

 

Arrondissements

Nombre

Noms des Groupements Féminins

Naogon

7

Aïdoté ; Dagbédo-Ahouansi ; Nonvignon ; Aïssi ; Mèdétamin ; Gbèmèdiga ; Gbénonkpo

Gounli

8

Doukpo ; Nouwagnon ; Gbénonkpo1 ; Gbénonkpo2 ;
Tchégbéhounton ; Sènato ; Mahulé ; Nonvilé

Laïnta-Cogbé

9

Jésuklo ; Jésussi ; Aïénahin ; Gbédobou ; Ayiminahin ;
Anihoumikpé ; Jésukpégo ; Dagbédémè ; Houénoussou

Houen-Hounso

12

Gbédobou ; Mahoudé ; Enagnon ; Aïdokpo ; Fifon wègni  houénoumagbo ; GACOPROV ; Vidolé ; Fifonsi ; Ayidoté ; Fifadji ; PCN ; Sènadjro

Soli

2

Nouwagnon ; Fifonsi

Houèko

3

Enagnon ; Fifonsi ; Mahutin

Zogba

7

Alodoté ; Vivogbè ; Aïdékon ; Ayiwanou ;Fifamè ; Sèlomè ; Mahougnon

Adogbé

4

Edjrossè ; Mahukpégo ; Gbèdolo ; Sèmassa

Total

52

 

Tableau : Statistique des GF fonctionnels par arrondissement à dire d'acteurs (CA, CV et informateurs clés) (Source : Enquête PDC 2004)

Il faut signaler ici que les producteurs d'agrumes et les coopérateurs des bas-fonds aménagés de Koussin-Lélé sont tous affiliés à l'UCP, car celle-ci demeure à ce jour la seule institution pouvant faciliter l'accès au crédit et aux intrants agricoles à ces membres, les producteurs.

Les objectifs, activités, types de membre et l’impact de ces organisations sur le développement sont présentés dans le tableau 24 ci-dessous.

Organisation locale

Objectifs

Activités

Types de membres

Impact sur le développement

UCP

- Promouvoir les activités agricoles
- Défendre l’intérêt des producteurs en général (GV, GF)

- Garantit la commande et l’approvisionne-ment des intrants agricoles;
- Organisation de la commercialisa-tion du coton
- Formation des membres (GV et GF)
- Organisation des assemblées générales ordinaires et extra-ordinaires

Structure faîtière des GV et GF;
Le bureau est composé de 15 membres dont 14 producteurs de coton et des vivriers et une transformatrice des produits vivriers

 Augmentation de la production agricole
- Contribution à la construction du CEG2, de la maison des jeunes
- Contribution à la réfection du Commissariat de police
- Construction du siège de l’UCP et d’un magasin  d’intrants

Autres Groupements de Femmes

Simples et mixtes

Améliorer les conditions de vie des femmes à travers les activités génératrices de revenu

- Transformation d’arachide en galettes et huile
- Commercialisation des produits vivriers
- Transformation du manioc en gari
- Préparation du savon
- Production du riz
- Commercialisation des noix de palme
- Elevage

GF composé uniquement de femmes et GF composés d’hommes et de femmes

- Payement de taxe
- Disponibilité de produits sur le marché

UPROFEL

Défendre les intérêts des producteurs de fruit et légumes

- Accès au crédit et aux intrants spécifiques;
- Groupe de pression vis-à-vis des acheteurs;

Individuel

Début de structuration

APP

Promouvoir la plantation de palmiers dans la Commune

- Accès au crédit et aux intrants spécifiques;
- Groupe de pression vis-à-vis de l'état;

Individuel

Début de structuration

Tableau : Organisations professionnelles du secteur agriculture (Source : Enquête PDC 2004)

 

1.2 Elevage

L’élevage n’est pas développé à Covè, bien que les nombreux bas-fonds dont la Commune regorge soient des couloirs de passage des animaux en transhumance. La présence de nombreux plans d’eau et de verdure en permanence fait de cette commune un havre d’élevage pour les pasteurs allochtones. En ce qui concerne les espèces élevées par les autochtones, elles sont communément constituées de la volaille, des petits ruminants et accessoirement de bovins.

1.2.1 Types d’élevage

On distingue dans la Commune 7 types d’élevage : celui des bovins, des ovins, des caprins, des porcins, des volailles, des chiens et chats et des espèces non conventionnelles. La répartition de ces espèces par arrondissement se présente dans le tableau 25 ci-après.

D’après ce tableau, toutes les formes d’élevage se pratiquent à Adogbé, alors que les 6 autres formes se pratiquent dans les arrondissements de Houen-Hounso et de Gounli, à l’exception des espèces non conventionnelles. A Laïnta-Cogbé et à Naogon, les 5 autres formes d’élevage se pratiquent en dehors de l’élevage des bovins et des espèces non conventionnelles. Les arrondissements de Zogba et Soli présentent des types d’élevage similaires, c’est-à-dire qu’on y note l’élevage des caprins, des porcins, des volailles, des chiens et chats.

On note une forte population de bovins à Adogbé, une population importante d’ovins à Houen-Hounso et à Adogbé, une forte population de caprins à Naogon et une population non moins négligeable à Laïnta-Cogbé. Les porcins sont beaucoup plus représentés à Houen-Hounso, Soli et Naogon, alors que la volaille et la faible population de chiens et chats sont uniformément représentées dans tous les arrondissements. Les espèces non conventionnelles sont beaucoup plus élevées à Houéko et Adogbé. Si pour Houéko la domestication des espèces non conventionnelles offre une possibilité d’élevage non exigeant en espace rare, la présence de ce type d’élevage à Adogbé répond au souci de diversification.

   Espèces

Arrond.

Bovin

Ovin

Caprin

Porcin

Volaille

Chien
Chat

Espèce non
convention-nelle

Houen-Hounso

+

+ +

+

+ + +

+ +

+

_

Houèko

_

+

+

_

+ +

+

+

Adogbé

+ + +

+ +

+

+

+ +

+

+

Zogba

_

_

+

+ +

+ +

+

_

Gounli

+

+

+

+ +

+ +

+

_

Soli

_

_

+

+ + +

+ +

+

_

Naogon

_

+

+ + +

+ + +

+ +

+

_

Laïnta-Cogbé

_

+

+ +

+ +

+ +

+

_

Tableau 25 : Répartition des espèces par arrondissement (Source : CARDER 2003)
Légende :
- : Inexistence d’espèce
+ : Existe mais faible
+ + : Existence remarquable
+ + + : Forte population d’espèce

1.2.2 Situation des espèces élevées dans la Commune

Le tableau suivant retrace la situation des espèces élevées dans la Commune

Indicateurs

Espèces

Effectifs

Taux de natalité

Taux de mortalité

Pathologie

dominante

Observations

Solutions préconisées

M

F

T

Bovins

60

110

170

6,47%

4,11%

Trypanoso-

mose

Accroissement de l’effectif

- Détermina-tion de la zone de pâturage

- Traitement

Ovins

360

1100

1460

2,26%

3,82%

Peste des Petits Ruminants

(PPR)

Réduction de l’effectif

-Eradication de la peste et déparasitage des animaux

Porcins

1780

4450

6230

16%

20%

Peste Porcine Africaine

Réduction de l’effectif

Respect des conditions d’hygiène et de la prophylaxie

Volailles

3250

5900

9150

19,12%

22,9%

Pseudo-Peste aviaire

Forte réduction de l’effectif

Eradication de la Pseudo-Peste

Chiens et Chats

60

80

140

5,71%

3,57%

Parasite et rage

Accroisse-ment de l’effectif

Déparasitage et vaccination

Espèces non conventionnel-les

-

-

-

-

-

-

Effectif non déterminé

Introduction de nouvelles espèces

Tableau : Données statistiques de l’élevage de la Commune de Covè (Source : CARDER 2003)

D’après le tableau, les ovins, les caprins, les porcins et les volailles sont les espèces les plus menacées par la peste. De plus, l’élevage des espèces non conventionnelles est rare dans la Commune.

L’élevage n’est pas conduit selon les techniques préconisées par les services spécialisés du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, c’est-à-dire la conduite d’élevage n’est pas mise en œuvre dans ce secteur. Il est rare que les éleveurs construisent des abris pour les espèces élevées. Il est tout autant rare que les éleveurs réservent des espaces libres pour le pâturage. Le suivi vétérinaire systématique n’est pas la règle, mais l’exception dans la pratique d’élevage répandue dans la Commune. Les animaux sont souvent en divagation, occasionnant des conflits et des dégâts importants dans le voisinage.

1.2.3 La transhumance

La transhumance est un phénomène saisonnier au cours duquel les éleveurs peuls descendent vers les bas-fonds de Covè à la recherche du pâturage et de l'eau. Elle se déroule entre la période de novembre d'une année à mars de l'année suivante. La Commune de Covè sert en réalité de couloir de passage du nord vers le sud où les animaux transhumants sont tous regroupés dans les bas-fonds de Sagbovi, village de la Commune de Zagnanado. Le statut de couloir de passage a été mis à profit au cours de la transhumance 2003-04 pour valoriser ce phénomène. En effet, le coût du passage a été fixé par tête de bovins et les dispositions prises pour faciliter le ralliement à Sagbovi. Tous les acteurs ayant participé à cette opération sont satisfaits, contrairement aux expériences des années antérieures. Malgré l'opposition et la résistance encore exprimée au sein des producteurs agricoles, la transhumance se révèle une source inestimable de ressources financières pour la Commune de Covè et un facteur important de dynamique économique locale. L'installation sur les sites d'accueil de mosquées et l'aménagement des bas-fonds en zones de production agricole et de pâturage sont les premières mesures envisagées pour la création d'un parc à bœufs et plus tard d'un marché à bétail.

La présence de peul dans le milieu est aussi une opportunité pour les agro-éleveurs locaux de confier leurs animaux à l'expertise de ceux-ci. Il n'est donc pas rare de voir des éleveurs peuls déjà sédentarisés dans le milieu.

1.2.4 Les acteurs de l’élevage

Dans le domaine de l’élevage, nous avons plusieurs catégories d’acteurs : Eleveurs-Agriculteurs, éleveurs pasteurs, techniciens du CARDER/CeRPA et du PDE. Les intérêts, les contraintes/Problèmes et Opportunités de ces acteurs sont présentés dans le tableau ci-après.

Acteurs

Intérêts

Contraintes/ Problèmes

Opportunités

Techniciens du CARDER/CeRPA et du PDE

- Satisfaction morale

- Autres intérêts

- Insuffisance de personnel (1 pour toute la Commune de Covè)

- Insuffisance de matériels de travail

- Existence d’un nombre important d’éleveurs et d’espèces

- Nouvelle réforme du CARDER

Eleveurs -agriculteurs

- source de revenu

- Disponibilité de viande

- Manque de provenderie

- Manque de pharmacie vétérinaire

- Manque d’organisation des éleveurs en réseau

- Manque de conduite d’élevage

- Insuffisance de vétérinaires

-Manque de crédit

-Existence de pâturage libre

- Résidus de récolte et de cuisine pour l’alimentation des animaux

- Intégration des espèces améliorées de porcins et de bovins

- Voie ABOK

Eleveurs pasteurs

Transhumance, conduite de bœufs, source de revenu, disponibilité de lait et de viande

Conflits avec les autochtones ; exploitation des bas-fonds et des berges par les agriculteurs;

Légalité conférée à la transhumance, complicité de certains acteurs locaux, milieu favorable à l'élevage

Tableau : Intérêts, contraintes/problèmes et opportunités des Acteurs de l’élevage (Source : Enquête PDC 2004)

1.2.5 Interventions dans le domaine de l’élevage

Il n’y a pas d’infrastructures dans le domaine de l’élevage à Covè. Cependant, faut-il noter quelques interventions du Projet de Développement de l’Elevage (PDE) dans la Commune. Le tableau ci-dessous donne les statistiques d’animaux par espèce ayant bénéficié de soins vétérinaires et de vaccination du PDE.

Type d'animaux

Nombre d’animaux par espèce traités et vaccinés

2000

2001

2002

2003

Traités

Vaccinés

Traités

Vaccinés

Traités

Vaccinés

Traités

Vaccinés

Bovins

70

40

95

80

120

80

150

120

Petits ruminants

1000

450

2000

850

1200

1050

1000

1500

Porcins

40

-

200

-

500

-

700

-

Volaille

100

300

1800

2050

1200

1400

1050

1100

Tableau : Données statistiques sur les soins vétérinaires et de vaccination des animaux sur les 4 dernières années (PDEIII – Covè) (Source : PDE III/ Covè)

Les effectifs par espèce traitée ou vaccinée sont dérisoires par rapport à la taille du cheptel dans la Commune. Cependant, il faut noter que le nombre total traité ou vacciné est quelque peu en relation avec l’importance du type d’élevage. Les petits ruminants sont les animaux les plus élevés, à cause de la taille des troupeaux entretenus et des revenus substantiels obtenus. La volaille, par contre, est plus importante en nombre, mais dérisoire en terme d’apport en revenus monétaires.

Le tableau ci-dessous présente les données statistiques sur l’adoption des parcelles fourragères en vue de la complémentation alimentaire du bétail à Covè.

Ce tableau confirme le désintérêt des populations pour la conduite d’élevage. La complémentation alimentaire par les plantes fourragères est une des techniques relevant de la conduite de l’élevage. La disponibilité d’espace réservé pour les fourrages permet un meilleur suivi tant alimentaire que vétérinaire des espèces élevées. L’étroitesse des superficies emblavées en panicum et le nombre réduit d’arrondissements concernés sont une illustration du manque d’intérêt des éleveurs à maîtriser la complémentation alimentaire des animaux.

 

Superficie de panicum emblavée par arrondissement (en ha)

Houéko

Adogbé

Gounli

Houen-

Hounso

Laïnta-

Cogbé

Naogon

Soli

Zogba

Panicum

-

0,08

-

-

1

-

-

-

Tableau : Données statistiques sur l’adoption des parcelles fourragères par arrondissement à Covè (Source : PDEIII/ Covè)

1.2.6 Organisations locales

Il n’existe pas jusque-là d'organisation locale au niveau des éleveurs de Covè.

1.3 Pêche et pisciculture

Il existe 3 catégories d’acteurs qui interviennent dans ce domaine : technicien du CARDER/CeRPA, pêcheurs et mareyeuses. Les intérêts, les contraintes/problèmes et les opportunités de ces acteurs sont présentés dans le tableau  ci-dessous.

Acteurs

Intérêts

Contraintes/Problèmes

Opportunités

Pêcheurs

- Source de revenu
- Disponibilité de poisson

- Manque de bassins piscicoles
- Insuffisance d’appui technique
- Appauvrissement des plans d’eau
- Manque d’alevinage

- Existence des plans d’eau
- Voie ABOK
- Existence de Comités de pêche

Mareyeuses

- Source de revenu

- Etat défectueux des pistes
- Manque de crédits

- Disponibilité de poisson
- Voie ABOK
- Présence de beaucoup de pêcheurs
- Existence de Comité de mareyeuses

Technicien du CARDER/

CeRPA

Satisfaction morale

- Insuffisance de personnel
- Insuffisance de matériels de travail

- Existence de pêcheurs et de cours d’eau
- Réforme du CARDER/CeRPA

Tableau : Intérêts, contraintes/problèmes et opportunités des acteurs de la pêche (Source : Enquête PDC 2004)

Les problèmes auxquels font face les pêcheurs de la Commune de Covè sont multiples. Il s'agit de l'insuffisance d’appui technique, de l'appauvrissement des plans d’eau, du manque de bassins piscicoles et de techniques d’alevinage, etc. Cependant, l'espoir subsiste car les pêcheurs se sont structurés en comité de pêche, les plans d’eau sont nombreux, la voie ABOK qui facilitera les échanges, etc.

Les mareyeuses constituent un relais important dans l'écoulement des produits de pêche. Elles sont confrontées au manque de crédit pour améliorer leur équipement de transformation et d'entreposage et à l'état défectueux des pistes qui renchérissent les coûts de transport, réduisant du coup la compétitivité des produits locaux de pêche. Les mareyeuses se sont constituées en comité pour défendre leurs intérêts, la présence de nombreux pêcheurs et de plans d'eau, le tracé de la nouvelle voie ABOK, etc. sont autant de facteurs favorables à l'amélioration de leurs conditions de vie et d'activité.

L'appui technique du CARDER/CeRPA est entravé par l'insuffisance du personnel et l'insuffisance de matériels de travail. Cependant, la réforme en cours laisse présager de meilleurs lendemains qui permettraient de redorer le blason de l'intervention des structures étatiques dans l'activité.

Il faut noter ici que les trous à poissons et l'alevinage sont des techniques de pisciculture qui doivent être promues dans la Commune pour améliorer quantitativement et qualitativement les produits de pêche.

1.3.1 Organisations locales

Il existe trois organisations locales à savoir le Comité de pêche de Houen-Hounso, le Comité de pêche de Laïnta-Cogbé et l’Association des Mareyeuses de la Commune. Le tableau suivant donne leurs objectifs, leurs activités, les types de membres et leurs impacts sur le développement.

Organisations locales

Objectifs

Activités

Types de membre

Impacts sur le développement

Comité de pêche

- Organiser les activités de pêche
- Bénéficier de crédits
- Contrôler la gestion des plans d’eau

- Réunions périodiques
- Résolution des conflits entre pêcheurs

Pêcheurs, agriculteurs, éleveurs,

Disponibilité des poissons sur le marché
Contrôle des utilisations d'engins et produits prohibés

Comité des mare-yeuses

Défendre les intérêts des mareyeuses (accès au crédit, intermédiation vis-à-vis des ONGs et des institutions d'encadrement de l'état)

- Achat et vente de poissons
- Réunion mensuelle
- Cotisation mensuelle

Mareyeu-ses
Paysannes

Payement de taxes sur les poissons au marché

Tableau : Organisations locales dans le domaine de la pêche (Source : Enquête PDC, 2004)