| > Potentialités de développement |
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| 1. Secteur agricole et transformation agroalimentaire 1.1 Activités agricoles La présentation des activités agricoles abordera les points suivants : le foncier, les systèmes de production, les performances des systèmes de production et l’impact des systèmes de production sur les ressources. 1.1.1 Foncier - Dans la Commune, on distingue quatre types de mode d’accès : l’héritage, l’achat, le prêt et le métayage. - Pour le mode de faire valoir, 70% des terres sont utilisés à des fins agricoles. La culture extensive est pratiquée sur ces terres. Ce qui corrobore bien les résultats de faible pression sur la terre obtenus dans présentation générale de la Commune. - A Covè, il existe des problèmes fonciers inter arrondissements et inter communaux (Covè – Zagnanado et Covè – Zogbodomè) qui réduisent quelque peu les superficies cultivables des agriculteurs. - Il faut noter également que la superficie cultivable est aussi sérieusement réduite par la faible profondeur des sols ferrugineux sur sol cristallin, et l’abondance des bas-fonds non aménagés et non exploités (voit carte). La terre de base est très lessivée et ne supporte par une pratique culturale intensive et continue sans apport minéral et organique. - Il fat enfin noter que les agriculteurs autochtones sont moins spécialisés que les 'Holli', un groupe ethnique très spécialisé dans l'exploitation des terres dites lourdes, venus du 'plateau'. - En ce qui concerne le sable blanc, ces terres ne peuvent servir dans l'agriculture, mais constituent des réserves de carrière de sable pour la construction des maisons. 1.1.2 Les systèmes de production Les techniques culturales utilisées sont manuelles. On peut distinguer plusieurs systèmes de cultures:
La jachère et la faible utilisation d’intrants agricoles (engrais, insecticides, pesticides, etc.) assurent la fertilité des sols et la productivité. En général, les paysans associent faiblement l’élevage à l’agriculture ou que la conduite de l’élevage n’est plus appropriée à la pression foncière actuelle (divagation des animaux). A part le marché local de Covè, les produits agricoles sont vendus dans les communes limitrophes, ou sur les marchés régionaux ou nationaux de Bohicon, Cotonou, de l’Ouémé et des Plateaux, des Collines et du Nord Bénin. Pour le capital financier, les paysans individuels utilisent leurs fonds propres alors que les producteurs en groupement de producteurs utilisent à la fois les fonds propres et les crédits. Seuls les producteurs de coton et de riz du périmètre aménagé de Koussin Lélé ont accès au crédit sur vivrier. Quelques rares producteurs ont bénéficié de crédit à l'investissement, crédit japonnais, crédit CLCAM, etc. Quant au capital humain, on distingue la main d’œuvre familiale dans la large majorité des cas, l’entraide et la main d’œuvre salariée de façon subsidiaire. Les agents du CeRPA et de l’union communale des producteurs (UCP) apportent un appui technique aux agriculteurs. 1.1.3 Performance des systèmes de production En général, on observe la tendance à la baisse de tous les rendements sauf celui du riz qui enregistre une progression spectaculaire, soit environ 180% en cinq ans (voir tableau). La baisse de rendements a été provoquée par la pression sur les ressources du plateau, le relâchement du suivi technique des producteurs, le manque de moyens, etc.
Les systèmes de production ont actuellement des impacts négatifs sur les ressources liés à l’appauvrissement des sols et à l'érosion. 1.1.4 Les acteurs du secteur Agriculture Quatre catégories d’acteurs animent ce secteur : les producteurs, les transformatrices, les commerçants et les techniciens agricoles du CeRPA et ONG ou projets. Les intérêts, les contraintes/problèmes et les opportunités de ces acteurs figurent dans le tableau ci-après.
Tableau : Intérêts, contraintes/problèmes et opportunités des acteurs de l’agriculture (Source : Enquête PDC 2004) Les problèmes qui entravent la production en quantité et en qualité sont ci-dessus cités. Ils ont noms le manque de débouchés pour les produits agricoles, les prix défavorables des produits, l'insuffisance d’appui technique spécialisé, les difficultés à exploiter les bas-fonds, la coexistence difficile entre producteurs agricoles et transhumants, le manque d’équipements performants, l'insuffisance de moyens financiers, le manque d’intrants pour les filières autres que le coton, l'appauvrissement des sols, l'enclavement des champs, les difficultés d’accès au crédit, etc. Cependant, des opportunités subsistent pour une amélioration de la production agricole. Elles sont ici envisagées à travers une meilleure gestion de la disponibilité en terres, bois, animaux de traction, forêts sacrées/ protégées, arbres fruitiers, palmeraies. A cela devra-t-on ajouter l'assistance chinoise pour l'aménagement des bas-fonds. A ce niveau, l'antagonisme entre les agriculteurs et les éleveurs pastoraux devra inspirer l'aménagement pour une gestion partagée et durable des ressources des bas-fonds. Enfin, la voie ABOK ouvre de nouvelles perspectives de débouchés pour les produits agricoles locaux. Les problèmes qui entravent l'écoulement des produits de transformation sont aussi nombreux. Il s'agit du manque d’ateliers de transformation, l'insuffisance d’équipements performants, du manque de main d’œuvre, du manque de moyens financiers, des difficultés d’écoulement des produits dérivés, des difficultés d'accès au crédit, du manque d'initiatives collectives chez les transformatrices, l'absence de PME dans la production d’huile, la concurrence de produits alternatifs bas de gamme, etc. Malgré cette liste de problèmes réels, l'avenir de la transformation peut être envisagé avec espoir. La disponibilité de matières premières (arachide, manioc, palmier à huile, maïs), la forte maîtrise des techniques de transformation par les femmes, le label agonlinmi, la voie de transport ABOK, etc. sont autant de facteurs d'espoir pour la filière de la transformation. Les problèmes qui entravent les activités commerciales sont tout autant importants pour la production en quantité et en qualité et pour la transformation. Il s'agit de l'insuffisance de débouchés, du manque de moyens financiers, des difficultés d’accès au crédit, le coût du transport, la dégradation des pistes/ voies (risque d’accident), la vente à crédit, l'insuffisance de magasin de stockage, cas de vol, etc. De meilleures perspectives pourraient, cependant, être envisagées si les activités commerciales étaient orientées vers l'exportation des produits locaux et l'importation des intrants et technologies d'appui aux filières de production locales. Par ailleurs, la disponibilité des produits agricoles et dérivés de transformation, l'existence de marchés locaux et hors commune et la nouvelle voie ABOK faciliteraient les activités d'échanges et de commerce. Les problèmes qui entament la détermination des techniciens du CARDER/CeRPA à participer effectivement au relèvement de la performance des filières de production et de transformation sont de deux ordres: la réticence de certains producteurs à adopter les techniques culturales vulgarisées et l'insuffisance d’agents de vulgarisation et de matériels techniques de travail. La réforme du CARDER/ CeRPA en cours constitue un atout important pour renverser la mauvaise tendance ainsi constatée. 1.1.4 Organisations locales des producteurs L’Union Communale des Producteurs (UCP) et les Groupements de Femmes (GF) transformatrices sont les organisations locales du secteur. L’UCP de Covè est composée de 15 GV et d’un GF (Tchégbéhounton). En dehors du groupement féminin 'Tchégbéhounton', il existe d’autres GF qui ne se sont pas membres de l’UCP et qui sont financés par l’ONG ‘Dignité Féminine’ et le Centre de Promotion Sociale (CPS). Le tableau 23 suivant contient le nombre de GF par arrondissement.
Tableau : Statistique des GF fonctionnels par arrondissement à dire d'acteurs (CA, CV et informateurs clés) (Source : Enquête PDC 2004) Il faut signaler ici que les producteurs d'agrumes et les coopérateurs des bas-fonds aménagés de Koussin-Lélé sont tous affiliés à l'UCP, car celle-ci demeure à ce jour la seule institution pouvant faciliter l'accès au crédit et aux intrants agricoles à ces membres, les producteurs. Les objectifs, activités, types de membre et l’impact de ces organisations sur le développement sont présentés dans le tableau 24 ci-dessous.
Tableau : Organisations professionnelles du secteur agriculture (Source : Enquête PDC 2004)
1.2 Elevage L’élevage n’est pas développé à Covè, bien que les nombreux bas-fonds dont la Commune regorge soient des couloirs de passage des animaux en transhumance. La présence de nombreux plans d’eau et de verdure en permanence fait de cette commune un havre d’élevage pour les pasteurs allochtones. En ce qui concerne les espèces élevées par les autochtones, elles sont communément constituées de la volaille, des petits ruminants et accessoirement de bovins. 1.2.1 Types d’élevage On distingue dans la Commune 7 types d’élevage : celui des bovins, des ovins, des caprins, des porcins, des volailles, des chiens et chats et des espèces non conventionnelles. La répartition de ces espèces par arrondissement se présente dans le tableau 25 ci-après. D’après ce tableau, toutes les formes d’élevage se pratiquent à Adogbé, alors que les 6 autres formes se pratiquent dans les arrondissements de Houen-Hounso et de Gounli, à l’exception des espèces non conventionnelles. A Laïnta-Cogbé et à Naogon, les 5 autres formes d’élevage se pratiquent en dehors de l’élevage des bovins et des espèces non conventionnelles. Les arrondissements de Zogba et Soli présentent des types d’élevage similaires, c’est-à-dire qu’on y note l’élevage des caprins, des porcins, des volailles, des chiens et chats. On note une forte population de bovins à Adogbé, une population importante d’ovins à Houen-Hounso et à Adogbé, une forte population de caprins à Naogon et une population non moins négligeable à Laïnta-Cogbé. Les porcins sont beaucoup plus représentés à Houen-Hounso, Soli et Naogon, alors que la volaille et la faible population de chiens et chats sont uniformément représentées dans tous les arrondissements. Les espèces non conventionnelles sont beaucoup plus élevées à Houéko et Adogbé. Si pour Houéko la domestication des espèces non conventionnelles offre une possibilité d’élevage non exigeant en espace rare, la présence de ce type d’élevage à Adogbé répond au souci de diversification.
Tableau 25 : Répartition des espèces par arrondissement
(Source : CARDER 2003) 1.2.2 Situation des espèces élevées dans la Commune Le tableau suivant retrace la situation des espèces élevées dans la Commune
Tableau : Données statistiques de l’élevage de la Commune de Covè (Source : CARDER 2003) D’après le tableau, les ovins, les caprins, les porcins et les volailles sont les espèces les plus menacées par la peste. De plus, l’élevage des espèces non conventionnelles est rare dans la Commune. L’élevage n’est pas conduit selon les techniques préconisées par les services spécialisés du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, c’est-à-dire la conduite d’élevage n’est pas mise en œuvre dans ce secteur. Il est rare que les éleveurs construisent des abris pour les espèces élevées. Il est tout autant rare que les éleveurs réservent des espaces libres pour le pâturage. Le suivi vétérinaire systématique n’est pas la règle, mais l’exception dans la pratique d’élevage répandue dans la Commune. Les animaux sont souvent en divagation, occasionnant des conflits et des dégâts importants dans le voisinage. 1.2.3 La transhumance La transhumance est un phénomène saisonnier au cours duquel les éleveurs peuls descendent vers les bas-fonds de Covè à la recherche du pâturage et de l'eau. Elle se déroule entre la période de novembre d'une année à mars de l'année suivante. La Commune de Covè sert en réalité de couloir de passage du nord vers le sud où les animaux transhumants sont tous regroupés dans les bas-fonds de Sagbovi, village de la Commune de Zagnanado. Le statut de couloir de passage a été mis à profit au cours de la transhumance 2003-04 pour valoriser ce phénomène. En effet, le coût du passage a été fixé par tête de bovins et les dispositions prises pour faciliter le ralliement à Sagbovi. Tous les acteurs ayant participé à cette opération sont satisfaits, contrairement aux expériences des années antérieures. Malgré l'opposition et la résistance encore exprimée au sein des producteurs agricoles, la transhumance se révèle une source inestimable de ressources financières pour la Commune de Covè et un facteur important de dynamique économique locale. L'installation sur les sites d'accueil de mosquées et l'aménagement des bas-fonds en zones de production agricole et de pâturage sont les premières mesures envisagées pour la création d'un parc à bœufs et plus tard d'un marché à bétail. La présence de peul dans le milieu est aussi une opportunité pour les agro-éleveurs locaux de confier leurs animaux à l'expertise de ceux-ci. Il n'est donc pas rare de voir des éleveurs peuls déjà sédentarisés dans le milieu. 1.2.4 Les acteurs de l’élevage Dans le domaine de l’élevage, nous avons plusieurs catégories d’acteurs : Eleveurs-Agriculteurs, éleveurs pasteurs, techniciens du CARDER/CeRPA et du PDE. Les intérêts, les contraintes/Problèmes et Opportunités de ces acteurs sont présentés dans le tableau ci-après.
Tableau : Intérêts, contraintes/problèmes et opportunités des Acteurs de l’élevage (Source : Enquête PDC 2004) 1.2.5 Interventions dans le domaine de l’élevage Il n’y a pas d’infrastructures dans le domaine de l’élevage à Covè. Cependant, faut-il noter quelques interventions du Projet de Développement de l’Elevage (PDE) dans la Commune. Le tableau ci-dessous donne les statistiques d’animaux par espèce ayant bénéficié de soins vétérinaires et de vaccination du PDE.
Tableau : Données statistiques sur les soins vétérinaires et de vaccination des animaux sur les 4 dernières années (PDEIII – Covè) (Source : PDE III/ Covè) Les effectifs par espèce traitée ou vaccinée sont dérisoires par rapport à la taille du cheptel dans la Commune. Cependant, il faut noter que le nombre total traité ou vacciné est quelque peu en relation avec l’importance du type d’élevage. Les petits ruminants sont les animaux les plus élevés, à cause de la taille des troupeaux entretenus et des revenus substantiels obtenus. La volaille, par contre, est plus importante en nombre, mais dérisoire en terme d’apport en revenus monétaires. Le tableau ci-dessous présente les données statistiques sur l’adoption des parcelles fourragères en vue de la complémentation alimentaire du bétail à Covè. Ce tableau confirme le désintérêt des populations pour la conduite d’élevage. La complémentation alimentaire par les plantes fourragères est une des techniques relevant de la conduite de l’élevage. La disponibilité d’espace réservé pour les fourrages permet un meilleur suivi tant alimentaire que vétérinaire des espèces élevées. L’étroitesse des superficies emblavées en panicum et le nombre réduit d’arrondissements concernés sont une illustration du manque d’intérêt des éleveurs à maîtriser la complémentation alimentaire des animaux.
Tableau : Données statistiques sur l’adoption des parcelles fourragères par arrondissement à Covè (Source : PDEIII/ Covè) 1.2.6 Organisations locales Il n’existe pas jusque-là d'organisation locale au niveau des éleveurs de Covè. 1.3 Pêche et pisciculture Il existe 3 catégories d’acteurs qui interviennent dans ce domaine : technicien du CARDER/CeRPA, pêcheurs et mareyeuses. Les intérêts, les contraintes/problèmes et les opportunités de ces acteurs sont présentés dans le tableau ci-dessous.
Tableau : Intérêts, contraintes/problèmes et opportunités des acteurs de la pêche (Source : Enquête PDC 2004) Les problèmes auxquels font face les pêcheurs de la Commune de Covè sont multiples. Il s'agit de l'insuffisance d’appui technique, de l'appauvrissement des plans d’eau, du manque de bassins piscicoles et de techniques d’alevinage, etc. Cependant, l'espoir subsiste car les pêcheurs se sont structurés en comité de pêche, les plans d’eau sont nombreux, la voie ABOK qui facilitera les échanges, etc. Les mareyeuses constituent un relais important dans l'écoulement des produits de pêche. Elles sont confrontées au manque de crédit pour améliorer leur équipement de transformation et d'entreposage et à l'état défectueux des pistes qui renchérissent les coûts de transport, réduisant du coup la compétitivité des produits locaux de pêche. Les mareyeuses se sont constituées en comité pour défendre leurs intérêts, la présence de nombreux pêcheurs et de plans d'eau, le tracé de la nouvelle voie ABOK, etc. sont autant de facteurs favorables à l'amélioration de leurs conditions de vie et d'activité. L'appui technique du CARDER/CeRPA est entravé par l'insuffisance du personnel et l'insuffisance de matériels de travail. Cependant, la réforme en cours laisse présager de meilleurs lendemains qui permettraient de redorer le blason de l'intervention des structures étatiques dans l'activité. Il faut noter ici que les trous à poissons et l'alevinage sont des techniques de pisciculture qui doivent être promues dans la Commune pour améliorer quantitativement et qualitativement les produits de pêche. 1.3.1 Organisations locales Il existe trois organisations locales à savoir le Comité de pêche de Houen-Hounso, le Comité de pêche de Laïnta-Cogbé et l’Association des Mareyeuses de la Commune. Le tableau suivant donne leurs objectifs, leurs activités, les types de membres et leurs impacts sur le développement.
Tableau : Organisations locales dans le domaine de la pêche (Source : Enquête PDC, 2004)
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