> Potentialité de développement

    1. Secteur agricole et transformation agroalimentaire
    2. Secteur touristique
  3. Secteur de commerce, transport et artisanat
    4. Secteur de la santé et de la promotion sociale
    5. Secteur de l’éducation
    6. Secteur des sports et loisirs

3. Secteur de commerce, transport et artisanat

3.1 Commerce

Dans le domaine de commerce, on rencontre des commerçants de produits vivriers pour la plupart à Covè. Les principaux problèmes de ces commerçants sont surtout le manque de crédit de commerce et le manque d’infrastructures de stockage. Ces commerçants achètent ou vendent dans le marché de Covè qui s’anime tous les cinq jours ou dans les marchés des Communes environnantes.

3.1.1 Activités commerciales

Les activités commerciales sont très variées: la vente des produits vivriers, des pièces détachées, des intrants et des services.

Commerce de produits vivriers: Ce domaine d'activité n'est l'apanage de quelque groupe que ce soit. Les autochtones s'adonnent à ce commerce, plus particulièrement à la vente à l'extérieur de produits dérivés de transformation tels que le Gari, l'huile d'arachide et les beignets d'arachide. Le commerce du Sodabi est aussi en pleine expansion. Les femmes sont les acteurs les plus représentés dans cette activité. Ce commerce justifie parfois l'installation des ressortissants de Covè dans les grandes villes du Bénin, où ils sont des dépositaires du label 'Agonlin'. Les quantités échangées sont estimées plus loin dans la section sur les secteurs porteurs.

Commerce de pièces détachées: C'est le domaine de prédilection des nigérians encore appelés 'Ibo' qui sont maîtres de ce commerce au centre ville, bien que l'on retrouve quelques autochtones qui s'adonnent à cette activité dans les contrées les plus reculées de Covè.

Commerce des intrants et produits vétérinaires: Ce commerce est prohibé au privé, à moins d'être dûment mandaté par les services publics compétents. Cependant, les organisations paysannes (GV, par exemple) et leurs instances faîtières (UCP) sont chargées de relayer les structures privées agréées dans les localités les plus reculées. Il n'est pas rare de constater que les produits ainsi réglementés ou des substituts frauduleusement introduits sur le territoire se retrouvent sur le marché. Les acteurs concernés sont les producteurs de coton, de vivriers, d'agrumes et de palmiers. Les quantités échangées et les valeurs associées ne se retrouvent guère dans les statistiques. Cependant, le commerce formel d'intrants et de produits vétérinaires était bien suivi sur le plan statistique lorsque les agents du CARDER/CeRPA géraient cette activité. Depuis le transfert au secteur en 1991, la transparence des statistiques est de moins en moins assurée.

Maquis, motels et hôtels: Il y a un regain d'activités économiques dans Covè de nos jours qu'il y a quelques années. Cela conditionne la poussée des maquis, motels et hôtels comme des champions. En marge des activités courantes tout le long de l'année, la période de novembre à mars est particulièrement florissante, car coïncide avec la transhumance. Il est énoncé que les éleveurs pastoraux, communément les Peul, sont des banques ambulantes. En effet, les débits de boissons et les vendeurs de friandises et de frivolités font de bonnes affaires. Les flux de produits ou de services rendus et les valeurs monétaires associées sont inestimables et méritent d'être inventoriées.

Il faut également signaler la présence d'autres prestataires de services qui profitent de la période de transhumance comme les 'taxi moto' et les meuniers.

3.1.2 Les acteurs

Les contraintes et les opportunités des différents acteurs ont été documentées dans le tableau ci-dessous.

 

Acteurs

Contraintes/problèmes

Opportunités

Usagers des marchés

Insalubrité chronique
Exiguïté du marché
Manque d'assainissement
Manque de latrines

- Existence de crédits
- Assainissement du marché
- Agrandissement du marché pour accueillir plus de clients

Agents de la Mairie

Réticence à payer les taxes de marché
Adversité des vendeurs et autres usagers
Impopularité

- Renflouement de la caisse de la Mairie
- Utilisation des taxes collectées pour la rénovation du marché

Comité de marché

Sensibilisation difficile des vendeuses
Difficultés de concilier les positions tranchées des autorités et des usagers
Manque de tout dans le marché

Construction d'un nouveau marché
Installation d'infrastructures de marché comme les magasins, les latrines, l'eau, etc.

Tableau : Problèmes/contraintes et les opportunités des acteurs du secteur commerce (Source : Enquête PDC, 2004)

L'état actuel du marché place le comité de marché et les agents percepteurs de la Mairie dans les conditions d'indélicatesse, car les usagers ne savent pas pourquoi ils payent. La rénovation de ce marché permettrait d'améliorer les relations entre les différents acteurs du marché.

La structuration des acteurs du marché sera développée plus loin dans les secteurs porteurs.

3.1.3 La gestion des marchés

La Mairie collecte des taxes tous les cinq jours (voir Graphique). Les recettes tirées par la Mairie dans le marché ces 5 dernières années sont représentées dans le graphe ci-après.

Les recettes ont évolué en dents de scie au cours des 5 dernières années. En 2002, la Mairie a collecté près de 5000000 FFCA au niveau du marché, en 2003 il y a eu une légère diminution. On conclut que la Commune tire une grande partie de ces investissements du marché.

Ce marché qui donne assez de ressources à la Commune a un comité qui rencontre certaines difficultés pour son fonctionnement. L’outil SEPOCA a permis de révéler les problèmes de ce comité et à dégager des propositions d’actions pour sa redynamisation.


Graphe : Evolution des recettes communales issues du marché sur les cinq dernières années (Source : Enquête PDC, 2004)

Succès

- nettoyage du marché/ Assainissement
- Construction de hangars individuels
- Facilitation de la collecte des taxes
- Résolution de conflits entre vendeuses, agents percepteurs et vendeuses.

Echecs

- Incapacité à mettre en place un dépotoir
- Irrégularité des réunions
- Absence d’hommes des le comité
- Insécurité des biens
- Non respect des principes du lieu sacré (Ahiyizan) du marché

Potentialités

- Existence d’un fétiche qui facilite les transactions
- Fréquentation du marché par les étrangers
- Disponibilité de certains produits (Agonlinmi, galettes pimentées, gari, maïs…)

Obstacles

- Exiguté du marché
- Concurrence des huiles à bas de gammes

                 Conclusions

- Les succès sont dus uniquement aux éléments internes (volonté de souscription, entente entre les membres) du marché
- Les échecs sont dus aux éléments internes (Négligence des membres et du lieu sacré du marché) et aux éléments externes (Défaillance des autorités politico-administratives)

 Actions

- Assainir le marché (balayage régulier, ramassage des ordures)
- Etoffer le comité du marché en mettant des hommes
- Programmer des réunions mensuelles du comité
- Achever la clôture du marché pour assurer la sécurité des biens et des services
- Respecter les principes du lieu sacré (Ahiyizan) du marché
- Rappeler à chaque membre du comité son rôle.

Tableau : Succès, échecs, potentialités, opportunités, conclusions et actions de l’organisation locale (Comité du marché) (Source : Enquête PDC, 2004)

3.2 Transport

Le transport est un secteur non négligeable dans la Commune. On distingue trois sortes de véhicules qui fréquentent la gare routière : les voitures de 5 places, les voitures de 9 places et les bâchées. Le tableau 66 suivant montre la statistique de ces véhicules.

Véhicules

Nombres

Voitures à 5 places

77

Voitures à 9 places

41

Bâchées

21

Tableau : Statistiques des catégories de véhicules (Source : UNACOB/Covè, 2004)

Le tableau montre qu’il y a plus de véhicules de 5 places que de 9 places et de bâchées sur la gare.

Les conducteurs de ces véhicules payent 50F comme droit de stationnement à la Mairie (voir graphe). L’évolution des recettes de ces droits de stationnement tirées par la Mairie sur les cinq dernières années est traduite dans le graphe suivant.


Graphe : Evolution des recettes du secteur transport sur les cinq dernières années (Mairie/Covè, 2004)

L’évolution de cette recette a une allure décroissante sur les cinq ans. En 2003, il n’y a pas eu de recettes. Cet état des choses est dû au fait que les responsables de la gare routière n’ont pas collecté les droits de stationnement par manque de suivi de la part de la Mairie.

Il existe une union qui s’occupe de la gestion de la gare routière, l’Union Nationale des Conducteurs du Bénin (UNACOB). L’outil SEPOCA a été appliqué à cette organisation locale pour étudier les problèmes du comité et les actions à mener pour sa redynamisation (voir tableau).

Succès

- Construction de deux hangars
- Construction de deux latrines
- Construction de deux ponts entrée/sortie
 - Construction d’un rez de chaussée
- Chargement de la voie qui mène sur la gare
- Abonnement en électricité, en eau et en communication

Echecs

- La non électrification et crépissage du deuxième hangar, manque de portes et fenêtres
- Rez non dallé
- Voie d’accès à l’auto gare non aménagée
- Construction de guérite non réalisée

Potentialités

- Bitumage de la voie Covè – Bohicon (ABOK)
- Achat d’une parcelle au bord de la voie
- Assurer le contrôle hors parc avec l’administration de la Mairie
- Révision à la baisse des tarifs

Obstacles

- Insuffisance de moyens financiers
- Indiscipline de certains conducteurs
- Intervention des routiers
- Coût du carburant
- Coût élevé des carnets de tickets de la co-gestion (1400F l’unité)

Conclusions

- Les succès sont dus aux éléments internes (vente de tickets, mobilisation des efforts, la rigueur du bureau exécutif …) et externes (secours du bureau départemental)
- les échecs sont dus aux éléments internes (insuffisance de moyens financiers, manque de volonté, mauvaise gestion des tours) et externes (voie impraticable)

Actions

- Sensibiliser d’avantage les conducteurs pour une forte mobilisation
- Susciter davantage l’intervention du bureau départemental
- Réaménager les voies d’accès à la gare


Tableau : Succès, échecs, potentialités, opportunités, conclusions et actions de l’organisation locale (UNACOB) (Source : Enquêtes PDC, 2004)

Dans le domaine du transport il existe d’autres organisations locales : Union des Conducteurs du Transport Inter Bénin (UCTIB) pour les conducteurs de taxi et Association des Conducteurs de Taxi-moto de Covè (AcoTaMoC). Les objectifs, les activités, les types de membres et les contributions au développement se trouvent dans les tableaux ci-après.

Organisations locales

Objectifs

Activités

Type de membre

Contribution au développement

Union des Conducteurs du Transport Interne Bénin

Défendre les intérêts des conducteurs, des propriétaires de véhicules et les clients

- Classement des conducteurs pour les voyages
- Résolution des problèmes entre :
. conducteurs propriétaires
. conducteurs
. conducteurs clients

Il y a 9 membres dans le bureau dont tous sont des conducteurs

- Couverture du hall de garage sur la gare
- Contribution financière pour droit de stationnement
- Nettoyage par moment du marché communal
- La réfection du bâtiment abritant le commissariat

Tableau : Organisation locale UCTIB (Source : Enquête PDC/Covè, 2004)

 

Organisation locale

Objectifs

Activités

Type de membres

Contribution au développement local

Association des Conducteurs de Taxi Moto de Covè

-Créer des emplois pour les jeunes diplômés pour qu’ils subviennent à leurs besoins
- Organiser les conducteurs de taxi moto pour la prospection de leur métier
- Défendre les intérêts des conducteurs de taxi moto

Faciliter les déplacements des populations à l’intérieur de la Commune et entre Communes

Il y a 13 membres de diplômés sans emplois dans le bureau

- Facilité les déplacements
- Payement des droits de taxis moto annuels
- Nettoyage du marché
- Accueil des autorités départementales ou nationales

Tableau : Organisation locale ACoTaMoC (Source : Enquête PDC/Covè, 2004)

3.3 Artisanat

Les différents types de formation professionnelle sont : l'apprentissage chez les artisans, les centres de formation privés, le lycée technique de Bohicon et le centre des métiers à l'entrée de Covè.

Le tableau ci-dessous présente les différentes filières artisanales (métiers), le nombre moyen d’apprentis libérés par an, le nombre moyen de diplômés installés par an, le coût moyen d’installation et les raisons de non installation. Il est observé que les métiers les plus représentés chez les hommes sont la couture, la soudure à l’arc et la menuiserie, alors que chez les femmes ce sont respectivement la couture et la coiffure. Ces métiers sont relativement importants par rapport aux autres à cause du nombre moyen d’apprentis libérés et du nombre de diplômés installés. Il faut signaler ici que le coût moyen d’installation oscille entre 100000 F.CFA et 200000 F.CFA, exception faite de la soudure à l’arc qui exige un investissement important pour l’abonnement à la SBEE (Société Béninoise d’Electricité et d’Eau). Environ 40 % des jeunes diplômés s’installent selon l’enquête au niveau de la FENAB.

Filières (métiers)

Nombre d’apprentis libérés en moyenne par an

Nombre de diplômés installés par an

Coût moyen d’installa-tion

(F.CFA)

Raisons de non installation

Couture
Femme

21

6

125000 à

150000

Manque de financement
Incompétence
Paresse
Mariage
Manque de local et de client

Couture
Homme

13

6

100000 à

125000

Manque de financement
Trop de taxes (service des impôts)
Manque d’atelier
Insuffisance de clients

Horlogerie
Homme

3

3

110000

_

Menuiserie
Homme

8

4

120000

Manque d’équipement, Financement
Incompétence ; manque de relation humaine

Maçonnerie
Homme

5

2

70000

Idem menuiserie

Dépanneur
Homme

6

2

175000

Peur des taxes
Saisie des appareils (service impôt)
Financement

Photographie
(tous sexes)

Plus de libération depuis 1993

-

-

Entrée libre dans la profession (Trop de bricoleurs)
Un apprenti libéré en 1993

Sculpture

Pas d’apprentis

-

-

Les jeunes ne s’intéressent plus à ce métier

Soudure à l’arc (Homme)

13

6

1000000

Beaucoup d’équipement de travail
Manque de financement
Insuffisance de clients

Electricité

2

1

250000

Manque de financement

Mécanique auto

3

2

150000 à

200000

Manque d’équipement de travail
Manque de financement
Incompétence

Mécanique Moto

5

3

100000 à

150000

Manque de financement
Insuffisance de clients
Manque de site approprié pour l’atelier

Tisserand

7

7

100000

(Mémo : 22)
Pas de difficultés, exception faite du local pour l’atelier

Coiffure
Homme

2

2

100000 à
150000

-

Coiffure Femme

60

15

150000 à
200000

Manque de financement
Incompétence
Paresse
Mariage

Tableau : Formation professionnelle, nombre moyen d’apprentis libérés et installés par an, coûts d’installation et raison de non installation.(Source : Enquête PDC - 2004)

Les difficultés d’installation sont surtout liées à l’investissement de départ et à la recherche d’un site approprié pour l’atelier. Il faut noter aussi la disparition progressive de certains corps de métiers tels que la photographie à cause de la sophistication de plus en plus poussée des laboratoires de photographie et les exigences en connaissance informatique. Les métiers d’horlogerie sont en régression beaucoup plus à cause de l’apparition de gadgets électroniques à des prix concurrentiels par rapport au coût de réparation. Toutefois, il est instructif de constater que les métiers d’ajusteurs fabricants de pièces de rechange des équipements de transformations utilisés dans la plupart des filières porteuses recensées dans la Commune ne sont pas représentés. L’implication est la création ou l’importation de nouveaux corps de métiers devant venir en appui à ces filières.

En ce qui concerne le centre des métiers, la couverture totale de la Commune de Covè n'est pas encore assurée. Il faut noter aussi que les métiers d'appui aux secteurs porteurs ne sont pas encore représentés.